Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


Physiologie inodore illustrée, et propre à plus d'un usage (1841)

Publié par Jérôme Nodenot sur 25 Novembre 2013, 09:22am

Catégories : #Insolites

J'ai déjà parlé sur ce blog d'un poème ayant pour sujet le tabac. Aujourd'hui, grâce à celle qui est sans doute la plus célèbre des gallicanautes (Peccadille), je vais vous instruire d'un poème traitant d'un autre thème : le caca. Un livre, donc, scatologique, il faut bien appeler un chat un chat. Je donne le lien ci-dessous qui vous dirigera vers le billet de Peccadille concernant cet ouvrage ; ne vous y trompez pas : si vous allez sur la page d'accueil de son blog (Orion en aéroplane), vous y trouverez encore une fois une histoire de caca (décidément), mais Peccadille parle aussi de beaucoup d'autres choses, et toujours dans un style impeccable.

L'auteur anonyme de ce poème scatologique y met tout son cœur, on sent que la passion le submerge, le dévore, le tiraille de tous les côtés. Craignant certainement la censure, il s'évertue d'abord à mettre les êtres humains sur un pied d'égalité :

"Il faudrait être un sot pour se formaliser

Des plus riants tableaux que je vais exposer ;

Car, censeur monotone, ou vous, belle comtesse,

Ou marquis délicat, ou sévère Lucrèce,

N'allez vous pas aussi, le papier dans la main,

Respirant un parfum qui n'est pas du jasmin,

Dans l'obscur cabinet poser votre derrière,

Comme l'homme du peuple et l'humble couturière !"

Nous pouvons admirer au passage l'utilisation systématique de parfaits alexandrins, sur les quelques pages effectives que compte cette ode au caca. L'inspiration est là, bien présente, à chaque ligne, le style coloré, fleuri. Il faut juste avoir le cœur bien accroché, c'est tout.

Je vous renvoie encore une fois sur le blog de Peccadille qui en a relevé un passage particulièrement réussi ; quant à moi, toujours prêt (hi hi !) à donner de bons conseils, je citerais les vers suivants (attention, ça déménage) :

"Oui, désormais il faut, pour que rien ne se perde,

Ne plus vider aux lieux vos vases pleins de merde ;

Chiez, chiez plutôt au milieu du chemin ; (Relevons ici les remarquables diérèses)

Ou pour mieux admirer chiez dans votre main !

Chiez dans vos jupons, chiez dans vos culottes,

Chiez dans vos chapeaux et chiez dans vos bottes;

Vous pouvez au besoin chier dans un mouchoir !

Chiez bien, chiez dur, du matin jusqu'au soir ;"

Bon, j'avoue que ce qui m'a le plus intéressé dans ce poème, c'est la longue bibliographie de la fin ; un petit trésor pour le gallicanaute que je suis, une liste d'ouvrages traitant tous, ou à peu près, de sexologie (et cela n'a plus rien à voir, j'ose l'espérer, avec une histoire de caca).

Dans cette bibliographie apparaît souvent un nom, Morel de Rubempré, médecin "de la Faculté de Médecine" qui à mon avis était une sorte de sexologue avant l'heure. Et ce n'est pas tout, il est précisé ceci dans le livre dont je vais vous parler bientôt : "Le docteur Morel donne ses consultations indistinctement en français, en latin, en anglais, en allemand, en arabe, en turc, etc.(je suis très admiratif devant ce "etc"), soit en personne, soit par correspondance." Sur Gallica on redécouvre aussi des génies, comme on le voit !

Article sous CC-0
To the extent possible under law, Jérôme Nodenot has waived all copyright and related or neighboring rights to Le gallicanaute des naines. This work is published from: France.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents