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Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Publié par Jérôme Nodenot sur 13 Juin 2016, 10:30am

Catégories : #Naines noires

Cette édition a été publiée vingt ans après la mort de Delvau, journaliste et écrivain parisien mort en 1867 (à 42 ans) d'une vie riche et pleine, une vie de bohème passionnée et épuisante. René Fayt, bibliothécaire érudit qui a écrit un livre sur lui nous dit dans le "Matricule des Anges" (article d'Eric Dussert) : "Il y a chez Delvau un air agréable à respirer, léger, gai, guilleret, "parisien" peut-être. Son style est agréable et alerte, parfois un peu recherché et même désuet. C'est un chroniqueur bien informé et peu pressé qui trempe le bec de sa plume dans l'encrier d'un poète et les rémiges dans la palette d'un peintre impressionniste. C'était un triste mais un charmeur!"

Je pense que c'est très exactement ces qualités qui m'ont convaincues dans le roman parisien "Les amours buissonnières" ; un livre assez faible sans doute dans le traitement des personnages, dans l'intrigue parfois un peu tirée par les cheveux, mais charmant dans la description du Paris de l'époque, avec quelques pages très belles, et surtout, avec un sens du tragique qui fait oublier beaucoup les défauts de l'ensemble ; enfin, c'est aussi le livre d'un chien, Fanfare, l'un des personnages-clés du roman.

"Les amours buissonnières" débute chez Jacques Lariotte, un peintre bohème qui organise une grande fête pour claquer tout l'argent qu'il vient de gagner en vendant un tableau. C'est là que vont se rencontrer Horace Chaffaroux (écrivain et maître de Fanfare) et Louise Bigot, maîtresse d'un autre ami présent : Tournebu. L'auteur nous raconte l'histoire d'amour passionnée et tragique entre Horace et Louise, opposée à l'éventualité pour Horace d'une vie rustique et un mariage paisible que lui permettrait immédiatement sa mère (loin de Paris) s'il le souhaitait. Un vrai roman d'amour populaire, et une vraie histoire d'amitié entre un chien et son maître.

Description assez originale de Paris que j'aime beaucoup (en commençant par Montmartre) : pages 1-2.

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau
Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Instant romantique (p20) où Horace compare son destin d'écrivain avec celui de la Seine :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Une formule rigolote (p32) sur les femmes, reprise (prétendûment ?) d'un certain Jean-Jacques :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

La mère de Horace (p37) lui écrit pour lui parler de mariage en ces termes :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Mots encourageants (p82) sur la condition des artistes :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Passage très romantique (p120), déclaration d'amour de Louise plutôt violente :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Emouvant passage (p201) d'une lettre de la mère d'Horace qui, malade, tente une dernière fois de faire revenir son fils à la campagne :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Très joli passage (p227) sur la bonté :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Je ne révèlerai pas non plus toutes les péripéties de ce roman. En voici seulement les derniers mots (p238) :

Les amours buissonnières (1887) - Alfred Delvau

Outre des romans et autres ouvrages sur Paris, Delvau a aussi écrit un "Dictionnaire érotique" et un "Dictionnaire de la langue verte". Je joins ci-dessous, outre celui vers le document dans Gallica bien sûr, le lien vers l'article du "Matricule des Anges" consacré à Delvau.

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