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Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Publié par Jérôme Nodenot sur 18 Juillet 2016, 10:28am

Catégories : #Insolites

Ouvrage qui aura d'abord été la cause pour moi d'une certaine frustration, d'un imbroglio "prise de tête", d'un casse-tête chinois pour le petit chercheur amateur que je suis.

Comme toujours j'ai cherché à en savoir davantage sur l'auteur, avec Gallica, internet ou le catalogue général de la BnF. J'ai commencé par commettre une erreur (finalement salutaire, enfin je l'espère) directement sur Gallica, à savoir que je n'ai pas (oubli !) suivi le fil du "ne voir que les résultats de cet auteur" ; du coup je me suis mis dans l'idée que Charles Lemesle avait écrit quelques livres, publié pas mal d'autres et écrit une obscure lettre d'ancien colon de Saint-Domingue : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785332f.r=charles%20lemesle. Formidable découverte qui me permettait de voir en mon Lemesle un fils d'anciens colons qui contestait l'indemnité qu'il avait reçu par rapport à la perte de son bien à Saint-Domingue, suite à l'indépendance de cette dernière. Lettre écrite en 1828, courtoise mais un peu rageuse, qui pouvait aller dans le sens de cette épître écrite aussi par lui à un ministériel en 1827 (assez floue, on ne comprend pas trop de quoi il s'agit mais on comprend l'énervement du bonhomme) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k425116k.r=charles%20lemesle. Donc voilà : Charles Lemesle, ancien colon de Saint-Domingue, un peu frustré du sort de sa famille, auteur de chansons et livres satiriques, dont l'art pourrait être bien résumé ici, dans la "Gazette des théâtres" : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6274894p/f3.item.r=misophilanthropopanutopies.zoom

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais, s'il semble exact que mon Lemesle était un chansonnier, écrivain, éditeur, le fait, au bout du compte, qu'il puisse y avoir un lien entre cet auteur (au succès d'ailleurs avéré bien que relatif je suppose) et mon ancien colon n'est pas démontré par A+B (même si l'époque correspond, on est bien d'accord).

Après m'être beaucoup instruit sur l'histoire de Saint-Domingue (et ce n'est jamais une perte de temps de s'instruire, c'est déjà ça), j'ai enfin eu l'idée sur Gallica de suivre le fameux "ne voir que les résultats de cet auteur" ; or, si Lemesle a bien écrit l'épître, d'après Gallica l'auteur de la lettre d'ancien colon n'est pas assimilé à l'auteur de mes "Misophilanthropopanutopies" ! Malédiction, me suis-je dit, c'est pas le même bonhomme.

Et il faut bien l'avouer, l'aide du catalogue général de la BnF n'est pas d'un grand secours. Si vous taper dans le moteur de recherche "Misophilanthropopanutopies", vous trouverez l'ouvrage présent dans Gallica ; si vous allez voir les notices associées à l'auteur, vous ne trouverez pas celle sur la lettre d'ancien colon. Mais si en creusant un peu vous allez voir par exemple la notice sur un bouquin qui s'intitule : "Apologie du chat" d'un certain Charles Lemesle, et que vous allez voir ensuite les notices associées à ce Charles Lemesle-là, vous trouverez qu'il a aussi écrit la lettre d'ancien colon ET "Misophilanthropopanutopies" ! Non pas dans sa première version (présente dans Gallica) mais dans la seconde, parue en 1845 !

Après un brin d'énervement et d'arrachage de cheveux, j'ai donc décidé de croire que le Charles Lemesle de mon livre et celui de la lettre d'ancien colon était bien la même personne. Voilà.

"Misophilanthropopanutopies" s'inscrit dans le genre inauguré par La Rochefoucauld, celui des maximes, et plus largement de la littérature moraliste issue du XVIIème siècle. Cette littérature a connu maints imitateurs depuis les grands précurseurs, avec plus ou moins de succès. Le livre de Charles Lemesle a connu en tout cas une certaine notoriété, semble-t-il, et une seconde édition (peut-être augmentée) en 1845. Ce que j'ai apprécié pour ma part (à l'origine, comme souvent, j'ai surtout été attiré par le titre), c'est le côté un peu décadent (avant l'heure), un peu cynique, désespéré, de la pensée. Plus pour le rire, par contre, que pour l'adhésion. Seul bémol : quelques pensées misogynes d'un archaïsme rare. Mais sinon, un livre qui vaut le coup. Je ne vous livre ici qu'une infime partie de ce que contient ce livre au titre improbable, et qui reflète si bien le propos.

Eloge mathématique de la misanthropie (p16) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

La seule maxime peut-être (p96) à être passée à la postérité :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Sur la même page (96), que du bonheur (sic) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Peut-être la maxime que je préfère, allez savoir pourquoi (p119) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Maxime alimentaire (p137) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Autre maxime alimentaire :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Ce que c'est que d'être sensible (sic) : p104.

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Pensée à boire (p116) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Et, enfin, pour terminer (p168) :

Misophilanthropopanutopies (1833) - Charles Lemesle

Disponible au format papier chez Hachette BnF.

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