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Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Publié par Jérôme Nodenot sur 28 Septembre 2016, 17:19pm

Catégories : #Insolites

Le titre m'a intrigué, ensuite je me suis dis qu'il s'agissait simplement d'un poème scatologique. Ce qui n'est pas faux. Mais, comme dans la plupart des cas, je suis parti d'une curiosité sans importance, d'une petite rigolade, d'un simple divertissement, pour en arriver à faire (sur Gallica notamment, mais également sur le web en général) des recherches, n'ayons pas peur des mots, HISTORIQUES.

Voilà comment, d'un poème sur le caca, on en arrive à s'intéresser à la manière dont les Parisiens, à l'époque, vidangeaient leurs égoûts. Et il se trouve que ce n'était pas brillant. Je vous invite à lire sur la "Voirie de la forêt de Bondy" (lieu dont parle le poème) cet article de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voirie_de_la_for%C3%AAt_de_Bondy .

En fait, notre auteur, même si j'ai un peu de mal à comprendre à quel point ses louanges sont ironiques, parle au fond d'un problème majeur de l'histoire du Paris de l'époque. Il était un habitant de Bondy, il avait donc le problème, si j'ose dire, sous le nez. Pour résumer la situation, toute la matière fécale de Paris et sa banlieue finissait par aboutir à Bondy... et servait, du moins au moment où le poème a été écrit, d'engrais humain pour fertiliser l'immense potager du coin... dont bénéficiait, au final, en juste retour des choses, le tout Paris.

Quand je vous disais qu'avec Gallica on s'instruit en s'amusant.

Si ce poème m'a intrigué, c'est d'abord par sa précision géographique :

Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Le lecteur peut admirer le spectacle grandiose que représente ce potager géant :

Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Après ces deux premières strophes assez poétiques arrive l'explication du phénomène :

Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Enfin, l'auteur, très inspiré, entre véritablement dans le sujet, et progressivement crée chez le lecteur, avec je dois le dire une certaine habileté, un sentiment assez particulier mais très fort, très sensuel :

Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Le véritable objectif de ce poème est atteint quelques strophes plus loin : faire prendre conscience aux Parisiens ce qui se trouve dans leur assiette :

Terre des légumes, poème à la louange de l'engrais humain... (1888) - K. de Monpétard

Je vous laisse (si le coeur vous en dit) lire le poème pour en connaître la fin. Poème, en tous les cas, qui, au-delà du divertissement (cela peut toujours faire son petit effet de le lire à haute voix à un repas de famille ou entre amis), constitue un témoignage sur une période historique qui aura marqué certains quartiers de la banlieue parisienne.

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