Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


Un Robinson de six ans (4e éd.) (1897) - Constant Améro.

Publié par Jérôme Nodenot sur 19 Décembre 2016, 11:30am

Catégories : #Naines noires

L'hiver est ma saison préférée, et j'ai toujours plaisir à lire des livres qui se passent au Canada. Je me souviens des moments de bonheur que j'ai connus dans mon enfance avec la saga du "Royaume du Nord" de Bernard Clavel, cet autre "homme de l'hiver" ; bonheur renouvelé ici, avec ce petit roman d'aventures (plus précisément ce que l'on appelle une robinsonnade) : l'histoire d'un enfant de six ans, abandonné par son oncle sur les rivages du Saint-Laurent (quelque part entre l'océan et Québec) qui va devoir survivre, d'abord après avoir été récupéré par une tribu d'Iroquois, puis tout seul (accompagné de son terre-neuve).

L'intrigue paraît tirée par les cheveux, pourtant l'auteur, si j'en crois les renseignements (très maigres) que j'ai pu obtenir sur lui, a la particularité de baser ses livres sur des événements véridiques, qu'il romance. Et si j'en crois cette annotation, en première page de l'ouvrage, il en est de même ici :

Un Robinson de six ans (4e éd.) (1897) - Constant Améro.

La situation de départ est terrible et plus que barbare, mais elle est plausible (NB : Gilles porte le même prénom que son père) :

Un Robinson de six ans (4e éd.) (1897) - Constant Améro.
Un Robinson de six ans (4e éd.) (1897) - Constant Améro.

Arrivé au Canada, la bateau de l'oncle s'engage dans le Golfe du Saint-Laurent, lui et Gilles prennent un canot pour aborder le rivage ; là, après avoir marché un moment (l'action se situe au début du printemps), l'oncle tue un ours et demande au garçon de garder son "gibier" pendant qu'il va chercher des hommes sur le bateau pour l'aider à ramener la bête à bord. Voilà comment l'ignoble personnage abandonne son neveu à une mort certaine.

Après avoir attendu, puis s'être désespéré, Gilles tente de s'en sortir mais il n'y parvient pas bien sûr ; en outre, il est mort de peur, on le comprend. Il sera recueilli, très affamé, par la jeune Iroquoise Vaïva et ses amies, accompagnées d'un terre-neuve qui deviendra le meilleur ami de Gilles dans cette aventure le plus souvent cauchemardesque, puis "adopté" (je devrais dire plutôt toléré) par la tribu. Gilles, lui, ne se fera jamais vraiment à cette vie sauvage et finira, quelques mois plus tard, et après avoir réussi toutefois à s'intégrer (y compris au niveau du langage), par s'évader. Il rejoindra l'océan, son but étant de se faire recueillir par un bateau ; puis, voyant qu'il n'y parvient pas, longe de nouveau les rives du Saint-Laurent en essayant de rejoindre Québec, la terre promise : il n'y arrivera jamais, mais finira par rencontrer un bateau salutaire.  

L'auteur était connu pour ancrer ses histoires romanesques dans un contexte très documenté, et l'on peut suivre en effet les pérégrinations du petit Gilles sur une carte du Canada, de manière précise. Les Peaux-Rouges sont traités sans être édulcorés, et on est assez loin du mythe des "Cow-boys et des Indiens" ; je précise toutefois que l'auteur ne tombe pas trop non plus, heureusement, dans ce côté "colonialiste" que l'on rencontre assez souvent dans les livres de l'époque.

Une vraie histoire, en somme, à la fois charmante et cruelle, imaginaire et réaliste. 

Quelques extraits :

Vaïva transporte Gilles jusqu'à la tribu en l'enlevant littéralement (p36).

Vaïva transporte Gilles jusqu'à la tribu en l'enlevant littéralement (p36).

Page sympa qui montre comment Gilles peut enfin manger après être arrivé dans la tribu (p46).

Page sympa qui montre comment Gilles peut enfin manger après être arrivé dans la tribu (p46).

La vie difficile des Peaux-Rouges (p90).

La vie difficile des Peaux-Rouges (p90).

Gilles décide de se fondre dans la tribu pour pouvoir mieux s'en échapper ensuite (p115).

Gilles décide de se fondre dans la tribu pour pouvoir mieux s'en échapper ensuite (p115).

Gilles prend plaisir aux jeux typiquement iroquois, comme le toboggan (origine de notre luge).

Gilles prend plaisir aux jeux typiquement iroquois, comme le toboggan (origine de notre luge).

La vie de Gilles avec le terre-neuve après avoir quitté la tribu : solitude, chasse, jeux.

La vie de Gilles avec le terre-neuve après avoir quitté la tribu : solitude, chasse, jeux.

Disponible en version papier chez Hachette BnF.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents