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Le gallicanaute des naines brunes et noires

Le gallicanaute des naines brunes et noires

Ma bibliothèque constituée à partir de Gallica d'auteurs oubliés (naines noires) ou n'ayant jamais été sous les feux de la rampe (naines brunes). Complétée par des propositions de lectures insolites.


La pêche, poème (1866) - Mme Elie de Beaumont, née de Quélen.

Publié par Jérôme Nodenot sur 21 Août 2017, 09:37am

Catégories : #Naines brunes

J'ai un faible pour les bas-bleus. Marguerite de Yourcenar, dans son discours de réception à l'Académie française, rend hommage à toutes ces femmes qui, en particulier aux XVIIIème et XIXème siècles, comme écrivains ou salonnières, ont largement influencé les littératures de leur époque : http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-marguerite-yourcenar. Et ce, malgré tous les obstacles misogynes que les hommes ont pu mettre sur leur parcours.

Comme pour les hommes, ces femmes ont connu diverses réussites, et un différent destin : certaines sont devenues des classiques (Georges Sand en est l'exemple type), d'autres ont connu une certaine notoriété à leur époque et sont ensuite tombées dans l'oubli (Olympe Audouard, qui fait déjà partie de ma petite bibliothèque numérique, ou encore par exemple Camille Delaville, qui va bientôt en faire partie).

Mais, j'ai choisi de m'intéresser ici à une salonnière qui n'a jamais été très connue me semble-t-il, et qui n'a publié dans sa vie que quatre poèmes. Un de ces personnages, en fin de compte, que j'affectionne plus particulièrement : ceux qui n'ont jamais vraiment existé, ni en leur temps, ni jamais ; qui errent inlassablement dans le monde de la Bibliothèque, solitaires et transparents.

Elle s'appelle Thérèse Marie Augusta Élie de Beaumont, née de Quélen. Elle a quand même son petit article dans Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A8se_Marie_Augusta_%C3%89lie_de_Beaumont, et, si j'en crois le catalogue général de la BnF, elle a aussi écrit les paroles de quelques chansons, du temps où elle était l'épouse du marquis de Bouchet : http://catalogue.bnf.fr/rechercher.do;jsessionid=CCA8480706874B0527F78D247E607F80?motRecherche=Elie+de+Beaumont%2C+n%C3%A9e+de+Qu%C3%A9len&critereRecherche=0&depart=0&facetteModifiee=ok

Des quatre poèmes écrits par Elie de Beaumont, l'un fut publié en 1866, l'année de la mort de l'auteure. Est-ce elle qui l'a écrit et publié in extremis ? Est-ce un proche qui, pour honorer sa mémoire, l'a publié après sa mort ? Je l'ignore, mais il y a dans ce petit mystère quelque chose d'attachant. En outre, si les autres poèmes d'Elie de Beaumont sont un peu lourds à mon goût, "La pêche" est charmant et rafraîchissant en cette période estivale. Surtout, il a évoqué chez moi des souvenirs d'enfance, les quelques parties de pêche dans le Sousson, à Saint-Jean le Comtal dans mon Gers natal, ou bien encore dans l'Adour, à Campan dans les Hautes-Pyrénées. Ou bien, encore plus peut-être, ce grand canevas bucolique encadré au-dessus du lit de mes grands-parents durant toute mon enfance et au-delà.

Il s'agit d'un poème de quelques pages, que je vous invite à lire en entier dans Gallica ; dont je ne livrerais ici que quelques extraits.

L'auteure veut chanter cette activité charmante qu'est la pêche, en l'opposant à ce terrible carnage qu'est la chasse :   

   

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Le poème s'adresse entre autre au novice, pour lui donner quelques conseils :

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Un petit bâton qui peut devenir une arme redoutable : 

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Même ici, l'auteure, nous invite à la clémence : 

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