Je ne vais pas m'étendre sur l'histoire des fous littéraires, c'est un sujet déjà relativement connu. Les fous littéraires remplissent le monde de la Bibliothèque, et depuis Charles Nodier jusqu'à Gérard Oberlé, en passant en particulier par Raymond Queneau et André Blavier ils ont toujours fasciné, soit pour le simple plaisir de la curiosité, soit pour des raisons beaucoup plus sérieuses, par exemple en rapport avec la Pataphysique.
Je n'essaierai pas non plus de donner mon avis sur les véritables motivations de ces énergumènes, ni d'expliquer leur folie ; il est toujours sympathique d'en croiser ici ou là, voilà ce qui pour moi est amplement suffisant.
L'ouvrage que j'ai parcouru ici est de Pierre-Gustave Brunet, bibliographe bordelais, ami de Nodier et de Peignot (sa biographie ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Gustave_Brunet). Quelques-uns de ses livres sont dans Gallica et j'en recommande vivement la lecture, ce sont de très agréables livres-promenade. En particulier, donc, ces fameux "fous littéraires" ; je ne parlerai que de quelques-uns, pour les autres il faut vraiment lire ce livre ! Avec une petite réflexion tout de même : certains auteurs considérés comme fous littéraires par Pierre-Gustave Brunet ne le sont pas forcément toujours pour nous, au début du XXIème siècle...
Mais je commencerai par un vrai fou, très certainement destiné à le rester, lui, jusqu'à la fin des temps :
Les fous littéraires ont au moins cela en commun avec tous les écrivains : ils ressentent le besoin de coucher de l'encre sur du papier. Mais les écrivains, quand on y pense, ne sont-ils pas tous un peu fous ? Combien ont prétendu écrire pour ne pas sombrer dans la folie, comme par exemple, pour n'en citer qu'un qui est l'un de nos plus grands contemporains, JMG Le Clezio ?
Et maintenant, un autre vrai fou :
Parmi ses "fous littéraires", Brunet évoque des noms connus : John Bunyan, Jérôme Cardan, Fourier, Cyrano de Bergerac, etc. Des auteurs au génie quelquefois ignoré de Brunet lui-même, comme Nerval à propos duquel il passe complètement à côté (mais c'est ce que j'apprécie aussi chez ces auteurs de livres-promenade : ils sont libres, ce ne sont pas des professionnels ou des chercheurs, ce sont de simples passionnés qui expriment leurs pensées, leur personnalité apparaît en filigrane). A noter à la fin la très jolie phrase d'Eugène de Mirecourt à propos de Nerval :
Mais j'ai gardé le meilleur pour la fin, évidemment : quelqu'un que Brunet considère comme un fou intégral, et qui est considéré aujourd'hui comme un précurseur d'un mode de vie qui a fait son chemin :








